
Si vous voulez suivre cet artiste de rencontre dans ses oeuvres
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"Partir un beau matin sur un voilier", cétait un vieux rève de môme. Mi Janvier 2007, j'achète un voilier traditionnel en acajou de 11 mètres avec pour premier objectif "Le Sénégal". Parisien depuis 10 ans, je n'ai pas navigué depuis 20 ans, ce n'est pas gagné d'avance... Je destine ce blog au descriptif de mon "voyage". Vous trouverez le descriptif détaillé du bateau et autres éléments techniques plus "marins" dans le
Site de l'Atao
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Diagnostic donc, attention aux mots barbares, "les coussins de paliers de bielles du vilbrequin" sont grillés, foutus, nazbroque ... C´est chiant à remplacer, il a tout de même fallu déposer le moteur, mais, normalement, ce ne sera pas (trop) cher en pièces de remplacement ...
Et au vu des symptomes préalablements établis (blocage total de la distribution) je crois que je m´en sors vraiment, mais vraiment bien ... Style on t´annonce que t´as peut être la tuberculose et en fait ce n´était qu´une simple allergie ...
Bon l´axe, faut bien qu´il tourne autours de quelque chose ... Alors on le fixe avec 4 choses qui se nomment "paliers" qui se décomposent individuellement en deux demis ronds de ferraille, que l´on relie avec deux boulons et deux écrous, pour, au bout du compte, creer un rond complet avec un trou au milieu dans lequel s´insère, trés subtilement dirais-je, ce con de vilbrequin ...
Pas d´inspiration pour "les" raconter pour le moment. Impressions sur l´Archipel des canaries" des temps moderne ce sera peut être pour plus tard ... Le sous dossier est créé ...
Traversèe La coruña - Lisboa
Traversée Lagos (sud Portugal) - Madère
Traversée Madère - Canaries (la Graciosa)
A peine sorti du port de Funchal, après une petite heure de fonctionnement, le moteur "calat" de nouveau ... Et merde ... Cette fois ci je me lancais dans 4 à 5 jours de navigation loin de toutes côtes. Retourner à la voile à Madère m´inquiètais plus que de continuer: un coup de vent de trente noeuds et plus était annoncé, et, connaissant la rade de Funchal avec sa houle vicelarde qui m´avait déjà rompu une chaine, la manoeuvre s´annoncait incertaine ... J´avais déjà fait cette manoeuvre par bonnes conditions, mais ce jour là, en plus du vent annoncé je savais que la rade était surpeuplée de trois mats en manoeuvre ...
Je suis saturé de Madère, je refuse de rentrer au port la queue entre les jambes, je me sens prêt, je veux poursuivre ma route coûte que coûte ... Je décide donc, décision de Captaingils noudoudiou, de poursuivre ma route vers les canaries ...
Ca souffle fort : 35 á 40 noeuds, vent d´Est par le travers. Sous voile l´Atao se comporte merveilleusement ... 7 à 8 noeuds tranquille Bill avec deux ris dans la grand voile et un tout petit foc. Les dauphins jouent autours de moi, je suis en confiance ...
Je démonte le capot du moteur, plus une goutte d´huile. Encore cette putain de fuite au niveau du capot des soupapes (ca doit bien avoir un nom ce binz de capot ...). Je rajoute 3 litres d´huile - par bonheur le moteur redemarre ... Charge des batteries. Puis après une heure de fonctionnement le moteur cale de nouveau, plus rien à faire ... La mierda, c´est une énorme fuite d´huile ... Il ne me reste que deux litres d´huile "en stock", ce sera peut être suffisant pour l´atterrissage aux canaries ... Donc plus de moteur jusqu´à nouvel ordre ...
Après deux jours de fonctionnement un énorme BIP BIP BIP retentit ... "Low batteries" m´affiche sournoisement le pilote automatique qui désormais et en conséquence refuse de piloter, ce con ... En gros et en substance cela signifie que les batteries sont quasi vides et que je ne peux plus compter sur mon esclave barreur automatique ... (oh oh). Je règle mes sandows et mes bouts de ficelles. Cap Sud / Sud-Ouest, impeccable ... Sauf que les batteries sont désormais complètement vides, plus de feux de signalisation la nuit, plus de radar
Troisième jour depuis Madère, vent de travers c´est "Son" allure, équilibre. ...
Un Glou glou étrange rugit dans les fonds de cales : Je vérifie, glups de nouveau plein d´eau de mer, le bateau travaille fort sur ses membrures à cette allure ... Encore ce petit filet d´eau qui vient de l´avant, du retour de galbord, sous le reservoir d´eau ... Rien à faire, sauf serrer les fesses et pomper, pomper, à la main ...
Quatrième nuit de veille (20 mn, 20 mn ...). Après avoir lu les instructions nautiques des Canaries je décide de viser l´île de Graciosa, ça me semble le plus simple pour un éventuel atterrissage à la voile... Je vise donc plein Est ... Pour le coup, et presque pour la première fois depuis le début de ma croisière avec un vent aussi fort, nous étalons un vent de face, prés serré ... L´allure est bien plus "rugueuse" que précedement, houle de face, vent quasi de face, le bateau cogne furieusement contre les vagues, les déferlantes s´écrasent sur le pont dans un tonnerre assourdissant, des tonnes d´eau filent sur le pont ... Les fuites de ponts se révèlent donc de nouveau - goutelettes et rigolettes sont les mamelles du bateau de bois ...
Le bateau travaille de plus en plus, l´entrée d´eau, sous l´eau, semble augmenter, normal au vu des efforts demandés ...
Plus de batteries, fini le bon confort des pompes de cale électrique ... Pomper, à la main ... Clanc, la manivelle de pompe à eau manuelle se rompt entre mes mains ... Ouch je commence à avoir un peu la pètoche ...
J´évacue désormais l´eau au seau, et à la main. Ce qui veux dire : un genou à terre tu remplis le seau, "épaulé jeté" rapide (cause le tangage) tu le montes en haut des marches, euh, de la descente ... Puis tu te montes toi en haut des marches pour vider le seau dans le cockpit. Tu redescends l´ensemble, en général toi t´es tout mouillé parce que quelque part t´as loupé un petit truc dans la manoeuvre ou qu´une vague vicelarde t´as ceuilli à la sortie ... Un seau de fait ! Et on recommence ...
Moi qui souhaitais estimer le volume de l´entrée d´eau de manière un peu plus précise !!! 15 seaux d´à peu près 8 litres toutes les heures ça fait ???? Vache - presque 120 litres d´eau de l´heure. Pour vous donner une idée chaque heure il y a de l´eau à ras le plancher. Pas le choix, dormir un peu, une quarantaine de minute, et puis tout de suite "au seau" mon Gilou.
Bien sûr, en parrallele, il faut assurer la veille (gare aux cargos), la nav, la bouffe ...
C´est encore loin les Canaries ?
Abruti de fatigue, j´entends mon foc à l´avant qui claque. Encore une déchirure. Je fonce, je l´affale et ramène le tout, ultra lourd, gorgé d´eau, dans la cabine. L´Atao est déséquilibré dans ces réglages de barre et de sandow ... Toujours 30 à 35 noeuds de vent. Je me réharnache, je sors le tourmentin de son sac (le plus petit des focs - 3 m carré) et fonce à l´avant ... Mon harnais se coince dans une écoute. Je pose ma voile, me retourne pour me décoincer et merdeuuuuu ... Quel couillon de gilou, mon tourmentin ne m´a pas attendu, il s´est envolé vivre une autre vie, sous l´eau ... Plus de tourmentin donc. Il ne me reste donc aujourd´hui que trois vieille voiles d´avant pour continuer la route ...
Graciosa et Lanzarote se profilent au loin, en fin de journée bien sûr. Un feu en tout et pour tout pour signaliser la côte. J´ai encore du mal à faire aveuglément confiance à mes instruments de bord. Falaises noires dans une nuit noire c´est fichtra impressionant d´invisibilité ...
Je passe donc encore une nuit à tourner autours de Graciosa, par le nord ... J´arriverais le lendemain matin, vers 11h00, devant l´entrée de la Marina de Graciosa. Le moteur daignera démarrer pour quelques minutes, le temps d´assurer la manoeuvere de port.
Je crois qu´ensuite j´ai dormi pendant 48h00 d´affilé ...
Je resterais quasi trois semaines à Graciosa pour me me remettre de mes émotions ... Cette fois je crois que je me suis fait un peu peur, me croirez vous ?
A graciosa, je redémonterais le moteur de mes petits doigts seuls - Pompe a eau - distribution - arbre à cames et petite pate de calfatage pour ma fuite d´huile ... Il me semble que je commence à comprendre quelques principes de base de mécanique, diesel ...
J´y ferais aussi un petit calfatage à l´arrache un jour de pleine lune (gros coefficient de marée - pas plus de 2.50 métres de marnage dans le coin ) en cale découvrante, en quelques heures sans séchage du bois ... Ca a tenu un peu, pas trés longtemps, mais ca c´est une autre histoire ...
Coût total de ces "opérations" - Ben rien du tout
Un peu d´étoupe, un peu de calfat, un peu d´huile et du temps, noudoudiou, du temps dépensé - mais ca "de temps" je suis riche ...
Immobilisation 21 jours
Des milliards de Gracias au cap´tain de port de la Graciosa qui ne me facturera qu´une quinzaine de jours (7 € la nuit pour un bateau de 11 mètres de toute façon - c´est vraiment pas trop cher, c´est tranquille la Graciosa, je vous jure ...)
Bon mais revenons en à nos moutons ... Avanies et Framboises ....
Traversée La Graciosa - Lanzarote (une cinquantaine de miles)
RAS tout se passe bien, niveau avanies ... Arrivee à Porto Naos, au mouillage... Sauf le départ où mon ancre s´emmelle une fois encore autours d´une ancre à jas et d´un enorme casier ... Je repèche le tout apr`s trente plongèes ... Mais je crois en avoir dèjà parlé plus haut, enfin plus bas ... Foutu structure de Blog !!!!
Traversée Lanzarote - Ténérife (250 miles - mine de rien ...)
Ben là aussi tout va bien aussi, pas de casse ...
30 noeuds de vent tout de long, l´Atao déroule ... J´adore.
Arrivée de nuit à Arrecife, fesses serrées (c´est mon premier atterrissage de nuit). Souvenir de cette demie douzaine de ferries qui me doublent en tout sens, flippant ... Personne ne me répondra à la VHF du port. Je me "scotche" à un ponton à l´arrivée. Ca pue un peu mais ce sera 13 € la nuit au lieu de 22 € aux pontons (pas de jus - pas d´eau sur le Quai).
Traversée Ténérife - La Goméra (50 miles)
Et là aussi tout va bien aussi, pas de casse ... Ma mère m´avait rejoint à Ténérife, croisière en compagnie ... Elle fait pas la fière, la mère, en mer, le premier jour, le temps de s´acclimater, enfin le temps de s´amariner ...
Dommage, Atao dépote ses 8 noeuds (sa vitesse max ce jour - avec ses pauvres voiles sac "qu´on se tape" depuis le début ... Je voudrais tellement lui offrir de jolies voiles bien coupèes à mon pépère). Les dauphins et Globycéphales sont au RDV ... C´est ce jour la que je pècherais ma méga grande Dorade ... Mouillage au lieu dit de la Calleta, sur Lanzarote un peu rouleur ...
Repas au thon y Dorade papillote siouplais ... Je me reveille douze fois dans la nuit, peur de déraper: La mère dort comme un loir, la journèe à été rude pour elle ...
Au départ le lendemain, le guindeau coince, putaaaa ... Je ne moufte pas, pour ne pas inquièter môman, et tire sur ma chaine comme un beau diable pendant 15 minutes, en m´y prenant à deux fois tout de même, suée du matin ... Décidement pas de bol sur mes mouillages pour le moment ... L´ancre daigne se dégager, départ sans problème au moteur ... Nous nous dégageons de la côte tranquilement, la mer est calme, le vent aussi, trop, calme, le vent ... Nous décidons donc de ne pas "nous la jouer" aux voileux péteux puristes (petit hommage aux gentemen Yachtmen de la Rochelle), nous tournons au moteur durant deux ou trois heures - bonheur de moteur qui démarre au quart de tour ... A l´horizon nous contemplons, blazés, le Teide qui se profile ... (ceux qui ne savent pas ce que c´est que le Teide n´ont pas lu en haut, enfin en dessous, enfin p´tain de structure de blog).
Arrivée à la marina de la Goméra, impeccable, approche fine (hum hum self promotion), manoeuvre sans problème, bon accueil ... L´endroit est superbe ... Le lendemain, c´est dimanche, nous décidons de virer vers une petite demie journée de croisière afin d´admirer "los Organos", les "Orgues Volcaniques" du nord de la Gomèra et Plouf plouf plouf ... Le moteur plante de nouveau ... Avanies et Framboises, sont les mamelles du destin ... Putain mais pourquouaaaaa ...
La panne en deux mots (toujours vexant quand ça arrive, une panne) - Sortie de ponton sans problème. Le retour est "repéré", pas de calcul mathématique de Nav trop compliqué à prévoir, petit vent de "Nord Este" de 5 à 10 noeuds maxi, quelques miles à faire... Juste une grosse majorité de moteur à prévue ... Une petite sortie en mer , que du bonheur en prévision ...
Arrivée à l´angle de la sortie du port j´entends "comme un grincement". Je m´en inquiète à haute voix (Et tant pis pour le confort de la mère). Elle, me dit, qu´elle entend comme un GlouGlou ... Puis, la vache, tout d´un coup il y a le feu à bord, là où qu´il y a le moteur ... Noooooonnnn ... Je coupe le moteur ...
Fumée noire, puis très vite blanche ... J´ouvre le capot du moteur, fumée acide ... Feu, pas feu ? Extincteur, pas extincteur? Ce n´est qu´une fumée d´un moteur qui crame, de dedans, pas du dehors, pas d´extincteur ...
Dérive ... Au plus vite que je peux, je hisse les voiles, pas de vent, dérive ... La mère est à la barre, elle est verte la pauvre, verte mais elle assure comprenant bei que nous ne sommes pas "navigants" ... J´essaie de ne pas gueuler, de ne pas paniquer ... L´Atao se colle contre les bouèes qui délimitent le chenal de sortie du port ... Dérive, la côte falaise pas loin, urgence ...
Un voilier passe, je le hèle, la fumée qui sort du capot de roof plaide en notre faveur... Je lui lance une ausière : En cinq minutes, il nous dégage de là au moteur ... Merci, merci les gens de la marine, ne jamais oublier ca l´entraide entre marins .9.. (Bon je vais m´en sortir oui, de ce texte ....)
Autonomie sous voile, je souffle, nous soufflons ... Appel VHF, réponse de la Marina San Sebastian de la Goméra, ils envoient quelqu´un ... Nous tirons quelques bords pendant une petite heure, c´est long une heure quand tu sais que tu ne peux plus ...
Au final, le bateau pilote des ferries du port rapplique et nous prend en charge pour enfin nous déposer au ponton de fuel de la marina. Le lendemain un "gars" de la marina nous ramenera sur "mon ponton" ...
Quelques jours de vacances avec ma mère, location de voiture, une Ibiza, c´est à l´heure du jour, pour faire le tour de l`ile ... Et bon là ce soir j´en ai ras la casquette de Capitaine, d´écrire ...
Résultat "des courses" :
Le Moteur est gorgé d´eau de mer. Démontage des injecteurs, une eau claire comme la source en jailli, salée l´eau, salé le diagnostic. Purge immédiate des injecteurs au gasoil, sur les soupapes également ... Vidange du carter d´huile devenue grise-claire et puante comme pas possible ...
Le demarreur est grillé, complètement grillé du solénoïde au moteur du démarreur en passant par les charbons (dingue ce que ça crame du charbon de démarreur), il faut le changer. Malgré toutes mes recherches sur la Goméra et les casses de Ténérife, il me sera impossible de trouver un démarreur de 405 Peugeot.
J´appelle au secours les potes de Marans. Dominique et Guillaume du dépôt du marin vont se decarcasser pour m´en trouver un, et me l´envoyer à la Goméra (7 jours de délai le temps que le colis arrive).
Merci les potes, merci. Des gens comme vous on n´en fait plus ! Je reste votre eternel débiteur ...
Je me fais aider par un mécano "local" Andy, un Allemand qui s´est installé un petit atelier dans un container au fond de la Marina. Je lui explique mon problème et mon petit budget ... Avec tous les plaisanciers "en rade" dans le coin, il est débordé le pauvre ... Nous passons un "deal", il me donne toutes les consignes et moi "j´execute" le travail. Il s´est concentré au moins quatre heures sur mon moteur ... Au final il ne me demandera que 50 € "d´honoraire" - merci Andy, toi aussi t´es un chic type ...
La cause de l´entrée d´eau provient de la "calcification", de la salinisation et/ou de la décomposition du tube déchappement "marinisé" du moteur. C´est l´endroit d´où sortent les gaz d´echappement et l´eau de mer surchauffée qui refroidit le liquide de refroidissement du moteur (si vous voyez c´kejveux dire)... Après démontage et nettoyage (à l´acide chlorydrique), je ferai souder ce putain de tube par Her Werner (un autre Allemand voileux, résident du port - ingénieur és soudure selon ses propres termes) pour 70 €.
Il faudra que je le refixe à trois reprises ce binz de tube parce qu´il ne cesse de fuir de partout, notament au niveau de sa soudure "toute neuve", au niveau de ses vis aussi (innénarable). 4 heures de boulot à chaque fois ..
2 Décembre, le moteur ronronne de nouveau. Soulagement!
Vidange d´huile, changement du filtre à huile (40 €). Remontage des carters de distribution, du coffre de protection du moteur. (Quand je pense qu´y en a qui pense que je glande sur mon île ...)
3 Décembre petit tour de chauffe, le moteur s´arrète de nouveau, je vois du liquide de refroidissement jaillir de l´echappement, envie de hurler ... Ce n´est en fait qu´une bulle d´air dans les injecteurs. P´tit tour de clef de 17, pchuitt pchuitt des injecteurs (re-tarés y a pas long 150 KG de pression chacun, c´pas rien). Il redémarre, ce n´était qu´une frayeur pour rien ...
Le moteur tourne de nouveau pendant trois heures sans problème. Tout va bien, je vais pouvoir continuer "ma petite route", au programme dans les jours à venir "La Palma" et "Hierro", les îles les plus Occidentales des Canaries.
Avant de me lancer dans les 750 miles nautiques qui me séparent du Cap vert (6 jours de mer, au mieux, loin de toutes côtes...), je veux impérativement tester plus sérieusement le moteur. Il faut vérifier également si le calfatage intérieur que j´ai réalisé il y a quelques jours déjà tiendra le coup sous la pression des voiles et de la mer .
Petit avitaillement au supermarché local (pains, bananes, poulet, saucisses et saucissons, patates et quelques humbles litrounets de cerveizas ...). Je prendrais également 10 litres d´huile moteur d´avance ("aceita" pour les hispanophiles) car "Chat echaudé" ...
4 Décembre, au petit matin, je range le bateau, je gréé le foc numéro 2, je ré-installe mon régulateur d´allure, je vérifie mes instruments de bord (merde la prise allume cigare du GPS à changer). Je cours payer la marina et me prépare enfin à decoller de la Goméra ...
Voilà presque un mois que je me traîne là ...
Petit tour de chauffe du moteur, histoire de me mettre en confiance pour la route, il démarre au qurt de tour. Et, après à peine 5 minutes de fonctionnement, la putain de soudain dans l´air du petit matin j´entends un gros "clanc", un "clanc" bien sec bien franc, tout seul, puis plus rien ... C´est pas un "prout prout prout" ou un "teuf teuf teuf" tout mou .... C´est vachement important la terminologie en question quand on s´y connait un chouya en les choses de la Mécanique (remarquez le M majuscule). Bref le moteur coince de nouveau, mais vraiment coince: Il coince même "à la main", avec ma clef de 22, il refuse de tourner d´un Millimètre ... Ca sent le coincage de piston, le niquage de bielle ou le serrage de moteur: Ça sent le truc trés grave en tout cas ...
Là, comme dans la chanson, j´ai comme envie de tourner le gaz, comme envie de me faire sauter les plombs, comme envie d´expliquer comme ça que... De profundis - c´est trop profond- ça dépasse mon seuil de compétence comme disait la DRH de VDM (dans une autre vie, une autre histoire - un autre genre de seuil ...). Et de mon seuil de tolérance vous croyez qu´il sera possible d´en parler? Je suis pourtant bien là ... Au soleil ... Décontracté du mât ... A pas baiser quand j´ai envie de baiser . A pas voilier quand j´ai envie de voilier... (je viens de revoir tous les Blier - et une aussi une emission énorme sur France 3 Limousin ...).
Je me sens tout claustro dans ce rabicoin d´Île.
Ça suffit merde ...
4 Décembre au soir. J´ai tout tenté, démontage du démarreur, de la pompe à eau de mer, de l´arbre à came - rien à faire ... Mon petit mécano d´Andy est venu, il me propose de "déposer" le moteur, histoire d´voir oukilé l´problemo ... Je suis mort, fin du voyage, fin du budget... Retournez à la case départ, ne touchez pas 20 000, n´approchez pas du Sénégal, et surtout, soyez un bon citoyen et payez vos impôts - 15 000, là je parle en "€" bien sûr. Bref la misère en perspective, esclave de l´état à venir, en toute sécurité sociale bien entendu ...
Comme envie de me tirer une balle !!!
Et de ce temps là d´imaginer Agnès, plantant de maléfiques aiguilles dans une maquette de l´Atao, avec son cynique petit sourire ... C´est grave docteur ???